La distillerie d’absinthe La Valote Martin

distillerie la valote martinLa distillerie de Philippe Martin se situe pile dans le berceau de l’absinthe, à Boveresse, dans le splendide Val-de-Travers, au milieu des montagnes jurassiennes suisses. Cette petite entreprise familiale se trouve dans une grande et historique maison du village, « La Maison des Chats ». C’est dans ce joli lieu que Philippe Martin distille sa dizaine d’absinthes différentes.

Juste en face de cette maison datant de 1777 se trouve un grand jardin où la famille cultive la plupart des plantes utilisées pour la distillation de leurs absinthes.

jardin maison des chats
Les plantes de la famille Martin sont du côté droit de ce grand jardin.

L’histoire de la distillerie d’absinthe La Valote Martin

La distillerie La Valote Martin est une histoire de famille ! Philippe Martin a appris l’art de distiller l’absinthe par son père Francis, qui a lui-même appris de son oncle. Francis Martin a même repris les alambics de son oncle lorsqu’il a commencé à distiller de l’absinthe à l’époque.

Francis Martin était un vrai distillateur clandestin et il a fait de l’absinthe clandestinement pendant plus de 33 ans avant que l’interdiction de la fée verte ne soit enfin levée en 2005. Ensuite, Francis n’a pas ressenti le besoin de se cacher plus longtemps et il a donc fait une demande officielle pour pouvoir distiller en toute légalité.

La passion de son fils Philippe pour l’absinthe lui a tout naturellement fait reprendre les rênes de la distillerie et des absinthes La Valote Martin en 2014. Il continue d’utiliser les recettes de son papa pour la plupart de ses absinthes, mais il a bien entendu aussi développé ses propres recettes, comme pour par exemple l’Absinthe Esmeralda, la première verte de la famille.

La Maison des Chats.
La Maison des Chats.

La distillation d’absinthe chez La Valote Martin

Philippe Martin cultive une grande partie des plantes utilisées pour ses absinthes dans le grand jardin en face de la distillerie, parmi lesquelles la grande et la petite absinthe, l’hysope et la mélisse.

Philippe martin
Philippe Martin lors la récolte de grande absinthe.

Après la récolte, les plantes sont suspendues et séchées dans le grenier de la maison, qui n’a pas bougé depuis le 18ème siècle.

séchoir à absinthe
Le dernier séchoir encore en fonction au Val-de-Travers.

Découvrez toutes les absinthes de la distillerie La Valote Martin ici.

alembic philippe martin
L’alembic de Philippe Martin.

Interview exclusive de Philippe Martin

Nous avons eu le plaisir de discuter en personne avec le talentueux distillateur d’absinthe Philippe Martin afin de lui poser quelques questions, comme par exemple sur son absinthe favorite, ou encore sur ses plans en tant que tout nouveau président de La Route de l’Absinthe.

Absinthes.com: Quel a été votre premier contact avec l’absinthe ?

Mes premiers contacts étaient visuels, vers l’âge de 6 ou 8ans, quand le petit alambic fabriqué à base d’une marmite à vapeur prenait toute la place dans la baignoire familiale. Je me posais déjà des questions. Pour mes parents, le message était clair, personne ne doit savoir, même pas mon meilleur ami ! Sinon papa risque la prison. Pour mes soeurs et moi, le message était suffisamment impressionnant pour n’en parler à personne, mais à l’adolescence, je passais volontiers mon doigt sous le refroidisseur pour goûter ce noble breuvage.

Absinthes.com: Quand votre père vous a appris la distillation et quand avez-vous commencé à distiller de l’absinthe ?

J’allais de temps à autre à la distillerie donner des coups de mains, mais également aider lors de visites de groupes. Du coup mon envie de distiller était de plus en plus forte, ainsi que de découvrir plus en détail cette histoire qui est propre au Val-de-Travers en lisant des livres sur l’absinthe, ou en regardant des documents d’archives. J’ai finalement repris la distillerie en Juillet 2014 ou j’ai finalement pu mettre en activité ce savoir faire que m’a donné mon père, tout comme son oncle l’avait fait en 1972.

Absinthes.com: Cultivez-vous toutes les plantes vous mêmes ?

Je suis très attaché à la qualité de mon produit et de mes plantes, je cultive la Grande et la Petite absinthe, L’Hysope ainsi que la Mélisse Citronnelle dans mon jardin, que je sèche dans le dernier séchoir encore en fonction au Val-de-Travers. Le temps de séchage est beaucoup plus long, mais c’est meilleur pour la plante. Si la quantité récoltée n’est pas suffisante à ma production annuelle, j’achèterai les quantités manquantes aux agriculteurs du Val-de-Travers.

Absinthes.com: Vous êtes apparu plusieurs fois à la télévision, par exemple sur ARTE dans l’émission « Cuisines des terroirs ». Comment votre famille a perçu votre passage à la télévision ? Qu’en pensent les autres distillateurs ?

L’émission d’ARTE était une belle expérience, une semaine de tournage, et le résultat était vraiment sympa, du coup la famille apprécie également de me voir, et les copains, les amis m’en parlent encore, et parfois également les clients qui ont découvert ma distillerie au travers de ce reportage. Quelques distillateurs m’ont félicité pour l’émission. Quand un distillateur de la région se retrouve dans les médias, c’est habituellement un plus pour lui, mais aussi pour tous les gens de notre profession, cela fait de la pub pour l’absinthe, mais aussi pour le Val-de-Travers et la région de Neuchâtel, tout le monde est gagnant.

Absinthes.com: Dès que vous avez repris la distillerie, les étiquettes ont changées et vous avez créé de nouvelles absinthes. Prenez-vous toutes les décisions ou sont-elles prises en commun ?

Avant de reprendre la distillerie, j’y allais pour faire les visites en allemand ou en anglais, cela évitait à mon père de devoir prendre un guide externe, et c’est là que j’ai réalisé que les étiquettes amenaient un peu de confusion chez les visiteurs. Mon père avait 7 absinthes différentes, avec 7 formats et écritures différentes et les gens pensaient quelques fois que les absinthes étaient de distillateurs différents. J’ai suggéré à mon père de changer ceci et il a accepté. Pour marquer la reprise de la distillerie, j’ai voulu créer ma propre absinthe, la Nirvana, du moment qu’une nouvelle étiquette devait être créée, j’ai travaillé avec un jeune designer qui a dans le même temps conçu cette nouvelle étiquette et donné une unité aux autres. Pour le format des étiquettes, du choix du papier, j’ai consulté mon entourage pour avoir des avis différents, femmes, hommes, jeunes ou moins jeunes afin de sonder la tendance mais le choix final c’est moi qui l’ai pris. Et depuis la reprise, mon père me fait entièrement confiance et me laisse l’ensemble des décisions. Mais il vient encore volontiers quelques heures par semaines pour m’aider.

Absinthes.com: Vous êtes le nouveau président de la route de l’absinthe depuis peu. Qu’exprime cette fonction pour vous, votre distillerie et vos produits ? Quels sont vos objectifs ?

La décision de reprendre la Présidence était de se mobiliser pour la région, s’investir, et j’espère que je vais être à la hauteur. L’ancien Président, Monsieur Giger, a oeuvré depuis le début avec un groupe de personnes de la région mais aussi avec nos amis français pour la création et le développement de cette Route de l’Absinthe, le projet est maintenant bien en place et il va falloir continuer à faire parler de cette Route, de faire venir les touristes du pays et de l’étranger, pour découvrir l’histoire de l’Absinthe, mais aussi notre région, ses paysages, ses qualités, et toutes ses activités annexes.

Absinthes.com: Il semble que chaque année il y ait moins de passage à la Fête de l’Absinthe à Boveresse. Les années précédentes vous avez eu plus de visiteurs dans votre distillerie. Quelles sont les conséquences de ce changement ? Que feriez-vous si vous organisiez la fête ?

Le gros problème est du côté des lois Suisse concernant la vente d’alcool sur la voie publique, ce qui démotive beaucoup de distillateurs. J’ai envie d’aider le Comité de la Fête de l’Absinthe à faire une 21ème édition, mais pour cela il faut du monde qui s’investisse. Je vais essayer de faire de mon mieux, en tant que membre de l’Interprofession des Distillateurs du Val-de-Travers, pour inciter mes collègues à jouer le jeu, d’être présents pour la Fête, mais je vais aussi voir au sain de le Route de L’Absinthe, qu’est-ce que nous pouvons également amener, j’ai déjà approché « Goût & Région », qui offre une palette touristique très importante au Val-de-Travers et qui pourrait également soutenir la Fête, ou amener des idées, il faut que la Fête soit belle, soit grande, mais surtout qu’elle continue !!

Absinthes.com: Parmi toutes vos absinthes, quelle est votre préférée et pourquoi ?

Auparavant, « La Grenouillarde » était ma préférée, du fait de son taux d’alcool à 65°, les arômes sont très présents, une touche un peu plus prononcée de réglisse lui donne un goût un peu plus sucrée, mais ma création, la Nirvana, est devenue ma préférée, peut-être un peu parce que c’est mon « bébé » , on est plus sur une absinthe puissante au niveau des saveurs, la grande absinthe est très présente également. Finalement, j’ai crée une série limitée, une absinthe en fût de chêne que j’ai présenté à l’occasion de la Fête de l’Absinthe, elle a reçu un grand succès, les gens l’ont beaucoup appréciée, nous somme plus sur un digestif qu’un apéritif, notes boisées, vanille/bourbon, et une belle couleur… à tester ! …..mais je les aime toutes, si un jour nous avons besoin de douceur, de force, ou d’amertume, chaque jour a son absinthe.

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